Dis moi comment on vit

Comme si l’hiver pouvait ne plus être à la mode
comme si la pluie ne tombait que pour nous être commode
comme si les fleurs ne sentaient qu’pour nous faire un parfum
dis moi comment on fait et surtout dis moi d’où on vient

Si les colombes blanches sont pour nous être plus agréables
pour finir les temps noirs, ce par des fins plus acceptables
pour oublier l’Afrique d’un coup d’aile et d’envolées
devine qui mérite et puis dis moi comment on fait

Pour croire que la Terre n’est que le tapis de nos pères
pour essuyer le sang qu’une patrie propriétaire
ose étaler partout et s’en défendre d’un drapeau
j’ne vois que c’qui est fou dans ce que l’on a trouvé beau

Et comment se sentir Être suprême, élu de Dieu
d’On-ne-sait-que-choisir tellement on aime jouer les pieux
à mendier la médaille en portant l’étoile à son cou
en attendant la mer vague par là, engloutis-nous

Loin d’être en toute osmose et près de là posent les roses
rouges et guident nos pas dans les couleurs d’une ecchymose
tels des phares en terre et pour que notre esprit repose
fanent toujours l’hiver, allez dis moi donc quelque chose

Comment recommencer quand on n’a pas fini la suite?
Comme un gout désolé qui nous force à prendre la fuite
Une infinie arnaque d’un monde épris d’apothéose
quelques tours dans son sac et tout est joué pour qu’on implose

Allez tous en personne, allez que les moutons moutonnent
qu’on puisse ne croire en rien et que le soleil dérayonne
comme ces quelques phrases iront se perdre, dérisoires
parmi les mots perdus, les idées folles, iront s’asseoir

Et dans quelques années où les panneaux publicitaires
animeront nos échanges, feront les manuels scolaires
les vieux mots près du feu à se conter maintes histoires
riront bien du chaos et se railleront de nos cauchemars

Un pour tous et pour l’heure que des assauts d’inimitié
tous unis au labeur si l’effort nous est décompté
des bobines en exemple que des scénarios dépriment
des chansons ignorantes où les vers ont peur de la rime

Et dans quelques années où l’on sera comme des ombres
à n’plus savoir compter sur un ami avant la tombe
des sentiments maigris nous proposeront leurs services
la misère à l’appui, boitant sur des cannes à caprices

Des sourires gercés par le froid qui nous sépare
poignées de mains glacées et frigides voix qui déclarent
que nous sommes vraiment frères et bien dans les pas de nos pères
tellement, tellement fiers, et l’aube croît sur l’univers

Loin d’être en toute osmose et près de là posent les roses
rouges et guident nos pas dans les couleurs d’une ecchymose
tels des phares en terre et pour que notre esprit repose
fanent toujours l’hiver, allez dis moi donc quelque chose

texte : Marie Cherrier
musique : Michael Désir
piano : Élio Di Tanna

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